📑 Sommaire
- Note : Le T1 sera présenté pour la première fois en Amérique du Nord lors de l’IROS 2026 à Pittsburgh, du 27 septembre au 1er octobre 2026.
Une pile technologique unifiée pour l’IA physique
Le T1 d’Astribot n’est pas un robot classique auquel on aurait greffé une couche logicielle d’IA. C’est une plateforme conçue selon le principe du Design for AI : l’intelligence, le système d’exploitation et le corps mécanique sont pensés comme un tout cohérent, où chaque couche est optimisée pour les besoins de l’IA. Cette approche se décline en trois piliers :
1. Les modèles d’IA Lumo : Astribot développe une famille de modèles dédiés à la connexion entre raisonnement et action dans des environnements physiques. Le Lumo-1 introduit une architecture de modèle de fondation raisonnement-action, tandis que le Lumo-2 explore des modèles d’action dans un monde latent (latent world-action modeling), permettant d’exécuter des tâches plus complexes. Par exemple, équipé du Lumo-2, le T1 peut autonomement ranger des objets variés et déformables dans un sac à dos, en combinant prise de décision et manipulation fine.
2. L’Astribot OS (AOS) : Ce système d’exploitation embarqué agit comme un intermédiaire entre les capacités de l’IA et le monde physique. Il fournit aux développeurs des SDK et API pour contrôler les articulations, les mouvements cartésiens ou la coordination du corps entier, tout en exposant les données des capteurs. Son interface en langage naturel permet de générer des applications robotiques déployables à partir d’une simple instruction textuelle. Lors du second hackathon Astribot OS à Pékin (15 équipes, 36 heures), plus de dix applications fonctionnelles ont été développées et démontrées sur le T1.
3. L’architecture mécanique câblée : Le corps du T1 est conçu pour maximiser la dextérité, la compliance (interaction douce) et la vitesse. Avec 23 degrés de liberté (hors effecteurs terminaux), une taille de 1,55 mètre et un poids de 66 kg, le robot supporte une charge utile de 5 kg par bras. Son système modulaire permet d’ajouter des effecteurs, modules de calcul ou capteurs selon les besoins. La recharge automatique et le remplacement rapide des batteries facilitent son utilisation continue.
Comment l’IA et le robot apprennent ensemble
Contrairement à certains systèmes qui apprennent en temps réel pendant l’exécution, le T1 ne modifie pas ses compétences in situ. Astribot collecte des données multimodales (issues de l’exploitation du robot et de la téléopération), les traite et les enrichit pour retraiter ses modèles comme le Lumo-2. Les nouvelles compétences sont ensuite déployées via des mises à jour over-the-air ou des installations sur site. Les clients peuvent choisir de contribuer à l’entraînement de modèles dédiés ou de collecter des données pendant l’exécution autonome de tâches.
Cette boucle de développement continu — où l’IA génère des capacités, l’OS les connecte au robot et à ses utilisateurs, et le corps mécanique les exécute — illustre l’ambition d’Astribot : créer une IA physique qui grandit en agissant.
Un robot accessible aux développeurs
Avec un prix de départ à 18 000 dollars aux États-Unis, le T1 se positionne comme une plateforme ouverte pour chercheurs, développeurs et applications industrielles. Ses interfaces VR pour la téléopération et ses outils de développement standardisés en font un outil accessible pour prototyper des applications variées, de la logistique à la maison intelligente. La disponibilité immédiate aux États-Unis et la modularité du système laissent entrevoir une adoption rapide dans des scénarios commerciaux concrets.
Note : Le T1 sera présenté pour la première fois en Amérique du Nord lors de l’IROS 2026 à Pittsburgh, du 27 septembre au 1er octobre 2026.