Danaher lance un laboratoire autonome dopé à l’IA pour accélérer la recherche médicale


Imaginez un espace de quelques mètres carrés où des bras robotisés, guidés par des algorithmes, préparent des solutions chimiques, assemblent des molécules et analysent les résultats. Pas besoin de pause café : le système tourne en continu, apprenant de chaque expérience pour améliorer la suivante. C’est le principe du premier laboratoire autonome annoncé par Danaher, une entreprise spécialisée dans les sciences de la vie.
Ce laboratoire, basé à Cambridge (Royaume-Uni) au sein d’Abcam (une filiale de Danaher), combine plusieurs technologies issues des différentes branches du groupe : des robots de Beckman Coulter Life Sciences pour manipuler les liquides, des instruments de Cytiva pour la culture cellulaire, et des logiciels de Genedata pour orchestrer l’ensemble. L’objectif ? Automatiser la découverte de molécules ciblées, comme des anticorps, en réduisant le temps entre l’idée initiale et la validation expérimentale.
Selon les annonces, ce système permet de découvrir des réactifs d’affinité (des molécules capables de se lier à une cible biologique précise) jusqu’à huit fois plus rapidement que les méthodes traditionnelles. Par exemple, là où un chercheur mettrait plusieurs mois pour identifier un anticorps prometteur, le laboratoire autonome pourrait le faire en quelques jours. À terme, Danaher table même sur une multiplication par dix du nombre de molécules produites chaque année, passant de quelques dizaines à plusieurs centaines.
Mais la vitesse n’est pas le seul gain. Chaque molécule conçue par l’IA est immédiatement testée, et les résultats sont réinjectés dans les algorithmes pour affiner les prochaines propositions. Ce cycle conception-fabrication-test-apprentissage permet de maintenir un niveau de qualité élevé, sans compromis entre rapidité et rigueur scientifique.
Ce premier laboratoire n’est qu’un début. Danaher prévoit de déployer une flotte d’instruments intelligents, tous connectés entre eux, pour former un réseau de laboratoires autonomes. L’idée est de standardiser les protocoles et de rendre les données immédiatement exploitables par l’IA, afin d’accélérer encore davantage les découvertes.
Pour y parvenir, le groupe s’appuie sur des partenaires comme Automata, qui fournit l’automatisation robotique, et sur ses propres filiales spécialisées en biotechnologie. L’ensemble forme un écosystème où chaque composant (robots, capteurs, logiciels) communique avec les autres, créant une chaîne de production scientifique quasi autonome.
À partir de 2027, ce laboratoire devrait fonctionner à pleine capacité. Si les promesses se confirment, cette approche pourrait transformer la recherche médicale en réduisant les coûts et les délais, tout en augmentant la précision des résultats. Une évolution qui rappelle celle des usines automatisées, mais appliquée cette fois à la paillasse des laboratoires.