Minerva Humanoids lève 10 millions de dollars pour son robot humanoïde Roger, conçu pour les missions les plus dangereuses


Minerva Humanoids, une jeune pousse de robotique basée à San Francisco, a dévoilé Roger, un robot humanoïde semi-autonome conçu pour opérer à distance dans des environnements dangereux. L’entreprise, sortie de l’ombre mardi, a levé 10 millions de dollars en pré-seed, portés par General Catalyst, Long Journey Ventures et Credo Ventures. Le tour de table inclut aussi des fonds comme MVP Ventures, Kaya ou RunwayVC, ainsi que des personnalités comme Hugging Face et Compound.
Le pari ? Concevoir un robot capable d’effectuer des tâches nécessitant une dextérité humaine, comme le désamorçage d’engins explosifs ou la manipulation d’équipements énergétiques à haut voltage, tout en gardant l’opérateur à l’abri dans un poste de commande.
Roger combine deux approches : un contrôle humain en temps réel via un casque VR et une autonomie logicielle pour la navigation, l’équilibre et la récupération après une chute. L’opérateur voit à travers les caméras du robot et manipule ses membres avec une précision millimétrée, comme s’il agissait lui-même. Selon Minerva, la prise en main complète du robot prend quelques minutes seulement.
L’entreprise cible quatre secteurs prioritaires : les plateformes pétrolières offshore, les centrales électriques à haute tension, le désamorçage d’engins explosifs (EOD) et la réponse aux matières dangereuses. Ces domaines comptent parmi les plus risqués au monde : chaque année, environ 7 000 travailleurs de l’énergie meurent dans des accidents liés à leur métier, selon les données compilées par Minerva.
Pour accélérer son développement, Minerva a conçu Roger en cinq mois, de la conception à un prototype fonctionnel. Le matériel est actuellement fabriqué et assemblé en Allemagne, tandis que les logiciels et l’IA de contrôle (Minerva Intelligence) sont développés aux États-Unis. L’objectif est de produire les robots dans les deux pays pour éviter toute dépendance à des composants chinois.
La startup a déjà testé Roger auprès du Centre d’excellence OTAN pour le désamorçage d’engins explosifs en Slovaquie et explore des déploiements dans deux des dix aéroports les plus fréquentés au monde. Elle collabore aussi avec l’Université Mohamed bin Zayed de l’IA (MBZUAI) et l’Université de Waterloo pour améliorer la perception du robot dans des conditions extrêmes (fumée, obscurité, défaillances de capteurs).
Les robots humanoïdes dédiés aux missions dangereuses restent rares. Les systèmes existants, souvent des robots à chenilles équipés d’un seul bras manipulateur, peinent à réaliser des tâches complexes nécessitant deux mains. Roger se distingue en offrant une dexterité proche de celle d’un humain, tout en gardant l’opérateur en sécurité.
Avec ses premiers pilotes payants prévus pour l’automne 2026, Minerva Humanoids mise sur un créneau porteur : celui des robots capables de réduire les risques sans sacrifier l’expertise humaine. Une équation qui séduit les investisseurs, à condition que les performances du robot tiennent leurs promesses une fois déployé sur le terrain.