NASA : des robots pour rendre l’espace moins risqué


Dans l’espace, chaque geste compte. Un astronaute qui perd l’équilibre en apesanteur, une vis qui se détache dans le vide, ou une fuite d’oxygène à réparer en urgence : ces situations, même banales sur Terre, deviennent critiques à des centaines de kilomètres d’altitude. C’est pour réduire ces risques que la NASA a créé, au Johnson Space Center à Houston, une équipe dédiée : la Dexterous Robotics Team (DRT).
Leur mission ? Développer des robots capables d’interagir avec l’environnement comme un humain, mais sans mettre en danger les astronautes. Comme l’explique Shaun Azimi, responsable de l’équipe : « Nous ne cherchons pas à remplacer les explorateurs par des machines, mais à rendre leurs missions plus sûres et plus durables. »
Pour y parvenir, la DRT s’appuie sur deux robots emblématiques, héritiers de projets antérieurs :
Ces robots ne sont pas de simples automates. Leur force réside dans leur capacité à travailler en collaboration avec les astronautes, en complément de leurs compétences. Par exemple, Valkyrie pourrait un jour aider à assembler des structures lunaires ou à entretenir des équipements en dehors de la station.
Pour affiner ces technologies, la DRT dispose d’un outil unique : l’iMETRO (Integrated Mobile Evaluation Testbed for Robotics Operations). Ce laboratoire hybride, à la fois physique et numérique, reproduit des environnements spatiaux (comme des habitats lunaires ou des véhicules spatiaux) et permet de simuler des scénarios concrets.
Parmi les tests réalisés :
L’iMETRO ne sert pas seulement à valider des prototypes. Il facilite aussi la collaboration entre les ingénieurs qui développent les robots et ceux qui conçoivent les habitats spatiaux. « Cela permet de montrer aux partenaires ce dont nous avons réellement besoin, sans qu’ils aient à deviner », précise Azimi. Par exemple, un éclairage mieux adapté ou des poignées plus larges peuvent simplifier la tâche d’un robot… mais aussi celle d’un astronaute.
Si l’équipe se concentre aujourd’hui sur les technologies nécessaires à une présence humaine durable sur la Lune, ses innovations pourraient aussi servir pour les futures missions vers Mars. La DRT collabore d’ailleurs avec d’autres branches de la NASA pour organiser un défi ouvert au public, invitant des équipes du monde entier à proposer des solutions robotiques pour l’exploration martienne.
Dans l’espace, le moindre imprévu peut avoir des conséquences dramatiques. Les robots comme Robonaut ou Valkyrie agissent comme des filets de sécurité : ils prennent en charge les tâches répétitives, dangereuses ou chronophages, libérant du temps pour les astronautes. Leur présence permet aussi de réduire le nombre de sorties extravéhiculaires (EVA), ces sorties dans le vide spatial qui exposent les équipes à des risques élevés.
Comme le souligne Azimi : « Notre niche, c’est de concevoir des robots qui évoluent dans des environnements conçus pour les humains. » Que ce soit pour réparer une fuite, assembler un module ou inspecter un équipement, ces machines pourraient un jour devenir aussi indispensables qu’un collègue de travail.