Nexterity mise sur un robot portable pour automatiser le serrage des brides industrielles


Lindsey Elliott a passé 28 jours d’affilée dans une raffinerie pendant la pandémie, souvent en horaires de 12 heures. Ce qu’elle a vu l’a convaincue que le métier de pipefitter méritait une automatisation : des équipes serrant et desserrant des milliers de boulons manuellement, une tâche à la fois pénible et risquée. Résultat, la productivité de ce secteur en Amérique du Nord est notoirement faible, selon les retours qu’elle a recueillis auprès de professionnels du secteur.
Son entreprise, Nexterity, propose une solution simple : un robot télécommandé capable de serrer ou desserrer quatre boulons simultanément sur une bride de tuyauterie. Le dispositif, alimenté par batterie, s’installe autour d’une conduite et se déplace automatiquement pour traiter les boulons. Son atout principal ? Il tient dans une valise Pelican, ce qui permet à un seul ouvrier de le transporter et de le déployer rapidement sur différents sites.
Plutôt que de vendre le robot comme un équipement industriel classique, Nexterity mise sur un modèle de service géré. Le client paie 25 000 dollars pour une intervention de 12 heures, incluant l’envoi d’une équipe sur site. Ce tarif, affiché sur le site de l’entreprise, reste à valider par des déploiements commerciaux répétés. L’objectif est de transformer une dépense d’investissement en un coût opérationnel, plus facile à justifier pour les responsables maintenance.
Elliott estime que le marché des brides de tuyauterie est immense : eau, eaux usées, agroalimentaire, mines, nucléaire, ou encore les sites de fabrication durable. Pourtant, cette infrastructure reste largement ignorée du grand public. Selon elle, 80 % des conduites industrielles ont des diamètres standardisés entre 2 et 8 pouces (NPS2 à NPS8), une répétabilité qui en fait une cible idéale pour l’automatisation.
Nexterity n’est pas seule sur ce créneau. Des acteurs comme Total Marine Technology avec son Boltron ou IntoMachines avec son robot de serrage de brides ciblent aussi ce marché. Mais l’approche de Nexterity se distingue par sa portabilité et son modèle de service, qui évite aux clients d’investir dans un équipement coûteux et complexe à maintenir.
Le robot, baptisé GeoSR dans les documents commerciaux, est conçu pour des tailles de conduites standardisées. Son avantage revendiqué ? Une vitesse jusqu’à 8 fois supérieure au serrage manuel, avec une précision de ±10 ft-lbs sur le couple appliqué. Reste à démontrer que cette performance se confirme sur le terrain, avec des clients prêts à payer pour des interventions répétées. Les prochains mois seront décisifs pour Nexterity, qui mise sur son expertise terrain pour s’imposer dans un secteur où la main-d’œuvre qualifiée se raréfie.