Stretch, le robot léger qui veut rendre les tâches du quotidien plus simples


Imaginez un robot capable de ramasser un objet tombé par terre, de ranger des courses ou même d’aider une personne à mobilité réduite à accomplir des gestes du quotidien. Pas besoin d’un engin de deux mètres de haut ou d’une usine entière pour y parvenir : Stretch, développé par la startup Hello Robot, pèse à peine 23 kg et coûte moins de 20 000 dollars. Une taille et un prix qui le rendent bien plus accessible que la plupart des robots manipulateurs actuels.
Son créateur, Charlie Kemp, n’en est pas à son premier essai. Avant Stretch, il a passé des années à concevoir des robots dans son laboratoire de Georgia Tech, en collaboration avec des personnes en situation de handicap. L’objectif était clair : comprendre les besoins réels des utilisateurs plutôt que de se contenter de démonstrations techniques spectaculaires.
Kemp a cofondé Hello Robot en 2017 avec Aaron Edsinger, un ancien directeur de la robotique chez Google. Leur point de départ ? Un constat simple : les robots manipulateurs existants étaient souvent trop lourds, trop chers ou trop complexes pour être utiles en dehors des laboratoires. Stretch est né de cette frustration.
Pour concevoir son bras robotisé, Kemp s’est inspiré d’outils d’assistance déjà utilisés par les personnes en situation de handicap. Il a analysé les avis de milliers d’utilisateurs sur Amazon pour identifier les grippers les plus efficaces. Résultat : un système de préhension léger, précis et adapté à des objets du quotidien, des clés aux bouteilles en passant par des vêtements.
Pour l’instant, Stretch reste un plateforme de recherche. On le trouve dans des laboratoires, où il sert à tester de nouvelles applications, ou dans des environnements contrôlés comme des maisons modèles. Mais Hello Robot espère bien le voir un jour entrer dans les foyers ou les lieux de travail, sous supervision humaine.
Kemp et Edsinger ne cachent pas leur ambition : créer des robots utiles au plus grand nombre, pas seulement aux industriels ou aux chercheurs. Leur cible ? Les personnes âgées, les aidants, ou simplement les ménages qui cherchent à automatiser des tâches répétitives. "Nous voulons que cette technologie profite à tous", résume Kemp.
Ce qui distingue Stretch des autres robots manipulateurs, c’est sa philosophie : partir des besoins concrets des utilisateurs. Kemp a travaillé pendant des années avec des personnes en situation de handicap, comme Henry Evans, un quadriplégique qui a pu retrouver une partie de son autonomie grâce à un robot de son laboratoire. Ces expériences ont façonné sa vision : un robot doit être simple, intuitif et adapté à la vie réelle, pas l’inverse.
Pour l’instant, Stretch est encore un prototype en évolution. Mais avec son prix et sa taille, il représente une piste sérieuse pour démocratiser la robotique d’assistance. Et si la prochaine étape était de le voir trôner dans nos salons ?
Source : [spectrum.ieee.org](https://spectrum.ieee.org/hello-robots-stretch-mobile-manipulator), [robotsguide.com](https://robotsguide.com/robots/stretch), [charliekemp.com](https://charliekemp.com/)